Chaud devant !

Suite à de nombreux changements que je veux opérer sur la planète (rien que ça !), je me suis lancé dans un grand projet qui me prend pas mal de temps et que certains d’entre vous connaissent déjà : Barbe Verte. Je dois donc abandonner (pour l’instant en tout cas) mon grain de sel pour embarquer dans une autre aventure mais pas sans tirer une dernière salve d’honneur et te dévoiler ce que je tenais pour moi et quelques initiés et qui pourrait, en toute modestie, devenir TA nouvelle adresse de 2016.

Prêts ?… Alors attention…

Chaud Devant !

C’est ainsi que Jean et Steph ont décidé d’appeler leur tout nouvel établissement. Deux jeunes baroudeurs de l’Horeca qui cumulent l’air de rien plus de 40ans d’expérience.

Jean… c’est un des meilleurs chefs de rang du royaume, diplômé, professionnel, complet, capable autant de filer un coup de main au chaud que d’enlever un banquet de 35 couverts tout seul. C’est aussi un sacré sommelier avec un savoir vinicole accumulé dans de belles maisons (et un peu dans le foie aussi). Il a l’oeil sur tout ; du pain au niveau de ton verre de vin… tu ne manques de rien. Et psssst… il fait des irish de dingue !

Steph… il était patron et au fourneau de la dernière adresse où travaillait Jean. Une petite carte, des suggestions qui tournent, des choix saisonniers, un menu 3 services à 30€ (asperges, cabillaud, etc… t’es certainement pas volé zenne !), et des jus !… des sauces !! Un des derniers endroits qui travaille sans poudres ou concentrés : par exemple avec les carapaces il fait sa propre bisque pour ses croquettes aux crevettes MAISON, ses ravioles de homard MAISON… C’est juste LE meilleur saucier qui a jamais arrosé mes assiettes. J’en veux pour preuve son ris de veau sauce au basilic servi avec un pornographique gratin dauphinois MAISON <3

Et l’association des deux ?… Ca donne un petit repaire cosy avec 22 couverts et une très agréable terrasse ensoleillée sur une petite place au calme. Des conseils, de la passion, du bonheur, de l’amitié (ça sent dans tout le resto), des prix parfaitement abordables, des bons produits, du fait MAISON… Et, ô sainte délivrance suprême, terminé pour eux de bosser le week-end ; ils ouvrent du lundi au vendredi à midi et le soir uniquement les mercredi, jeudi, vendredi.

Perso j’adore aller terrasser un Guigal blanc avec un lunch 2 services à 15€ qu’il vaut mieux réserver car ça se remplit aussi vite que la nouvelle se répand qu’il y a, désormais, un démocratique niveau gastro installé place des Maïeurs 4 à 1150 Bruxelles.

Je l’avais un peu préparé tout de même ce dernier post sachant qu’un jour il arriverait ; j’ai accumulé pas mal de photos des plats de Steph dont je me gave depuis 5 ans et tu vas avoir droit à un festival orgasmique de ce dont il est capable alors installe une petite serviette sur tes genoux pour la bave 😉

A mon meilleur ami
Merci Jean <3

Déjeuner sur l’herbe

Encore une amicale recommandation qui nous a conduit dans un quartier de St Josse, infréquenté par nos habitudes culinaires… et non… on n’a pas mangé de kebab.

Sur les alléchants conseils de Roxane, n’ayant aucune envie de cuisiner et faire du bordel à domicile à quelques jours de partir en vacances, direction la limite du quartier européen et ses belles maisons de maîtres. Prends soit ton mal en patience, soit la stib, car les places sont chères et les voisins très chauds du volant.

Splendide devanture, panneau annonçant un jardin, volée d’escaliers ostentatoire… à se demander si on est bien à l’endroit indiqué… qui pratiquerait des prix tout à fait indécents au sens démocratique du terme. Hauts plafonds, moulures, cheminées en marbre, lustres… très vieille France tout ça… Tiens un aquarium ?! là on est chez le chinois… les serviettes et les fausses fleurs disent la même chose.

Un apéro (qui nous sera offert apprendrons-nous ensuite, pour les amoureux) tout en bulle bien agréable, on choisit les plats dans un menu qui fait également penser à un chinois dans certaines de ses lignes. On a du tartare de thon wasabi, des woks, etc à côté de souris d’agneau et de foie gras ou saumon fumé tous deux MAISON… mais où est-ce qu’on est tombés ?!

Des scampis pour Emilie, bons mais sans plus… un peu collés à leurs carapaces par la surcuisson, un tartare de thon bien épicé pour moi, du pain MAISON nous certifie-t-on sans plus me convaincre, faible conviction également dans l’espagnol de 2010 (plus de 2009 – dommage). Correct mais rien de transcendant… comme un resto chinois quoi… Mais à partir du plat… là tout de même… ça raconte une autre histoire ! Un porc aussi tendre que rosé tu sais qu’il ne réside pas sur toutes les tables de Bruxelles… et la souris d’agneau que j’ai dégustée était parfaite, cuisson comme jus. C’est qui le chef ? d’où vient-il ? c’est quoi son délire ?

Il aura fallu attendre le dessert (moelleux au chocolat pour madame et sorbets pour moi) pour que vienne l’illumination ; on est bien chez un chinois ! Ha j’avais raison t’as vu ?!… Oui mais fana de cuisine gastronomique et de fait MAISON, qui turbine sa glace, travaille des fruits frais pour ses sorbets, pétrit son pain et régale ses clients de cuisine française dans la plus pure tradition sans oublier les bases asiatiques qu’il gère parfaitement. Ce n’est pas de la fusion, c’est de la cohabitation… et le pacs est réussi.

Ce n’est pas la meilleure table faite cette année, mais à deux avec apéro, 3 services, bouteille de rouge… sortir à moins de 80€… on ne peut vraiment pas se plaindre. Et je retournerai avec plaisir tester la terrasse de cet ovni pour Déjeuner sur l’Herbe au 80 rue des Deux-Églises à 1210 Bruxelles car il a certainement réussi une chose : susciter ma curiosité 🙂

La Canette

Lors de notre escapade ardennaise post-déménagement pré-vacances pro-intima nous avons tout de même mis le nez dehors pour aller visiter la médiévale Durbuy et s’immerger dans le pittoresque de ses vieilles pierres. Les parents nous avaient fait part de leurs aventures et nous en avions retenu l’une ou l’autre adresse intéressante.

C’est dans le minuscule centre piétonnier de « la plus petite ville du monde » que nous trouvons la Canette. Alors là pour les vieilles pierres et l’ambiance séculaire on est servi dès la façade, double, arborant une terrasse fleurie tout le long ainsi qu’en face du restaurant, de l’autre côté de la ruelle en pavés. C’est chaleureux, c’est coloré, c’est ancien voire antique pour certains éléments de déco tels les sabots ou le vieux poêle… un visuel qui charme n’importe quel féru d’histoire ou aficionado du temps jadis.

Une carte à la taille de sa ville, des portions généreuses, des produits locaux, des formules limpides avec des prix raisonnables sont autant de preuves d’un bon goût certain et d’une gestion de main de maître. Emilie n’avait pas très faim donc elle n’a pris qu’un (énorme) pavé de saumon avec asperges (qu’elle a pris en doggybag). Moi j’ai enfin eu mon artichaut que je voulais tant suivi d’un onglet poivre noir avec sauce poivre crème (parce qu’on aime le poivre) ainsi que des frites MAISON. On a partagé le dessert.

Le service allant de pair avec la sympathie des assiettes,  la diversité des vins disponibles au verre égalant l’excellence des mets, du tartare de saumon servi dans mon artichaut jusqu’au café glacé servi dans sa timbale ; c’est un sans faute et ça fait autant plaisir qu’il est très rare que je ne trouve rien à redire.

Qu’ils ne changent rien à cette simplicité de perfection dans ce superbe décor du 1 rue Alphonse Eloy à 6940 Durbuy

Majorelle

L’adage comme quoi un hôtel étoilé cache souvent un médiocre restaurant est à nouveau vérifié par son contraire ; nous voici installés dans un formidable hôtel flambant neuf (14 mois d’ouverture) sans aucune étoile disposant d’un chef aussi motivé que doué.

On sort de temps en temps de la Capitale sais-tu ! Partis quelques jours en Ardennes au calme (sans gosse) entre perturbations et bousculades dues à notre compliqué déménagement, nous n’avions pas de base l’intention de nous lancer dans un rally-bouffe à la recherche de la meilleure adresse. Nous nous sommes donc de facto consacrés, sans grande motivation première, à jeter un coup d’oeil à la carte du restaurant de l’hôtel se disant qu’au moins on pourrait profiter de cette agréable terrasse si tant était que l’on ait dû manger crasse.

Quelle belle surprise de se retrouver plongés au coeur des idées d’un chef et non des consignes d’un F&B Manager dictées par le besoin économique de toujours fournir le minimum syndical en osant demander jusqu’à 20euros pour un vlekke burger. Une vraie carte mettant en avant les produits régionaux ; du chèvre d’Ozo, de la truite, des asperges, des écrevisses… du local, organique et bio quand possible pour respecter la charte verte de l’hôtel.

Un serveur charmant, de bon conseil, qui s’allie une carte des vins attractive pas trop chère (et avec des demis… cool pour se laisser tenter), des légumes bien lustrés qui font que les assiettes scintillent sur la table. Pas une seule fois déçus sur les 3 jours que nous sommes restés manger à l’hôtel (oui parce qu’on a quand même été faire une petite escapade à Durbuy… je te raconte ça sous peu). Cette terrasse ouverte sur la campagne environnante surplombant Barvaux avec son mobilier moderne équipé de leds et de capteurs solaires rendait le moindre bol de cacahuètes extraordinaire.

En vrac : ris de veau et boulgour, truite sauvage à l’ardennaise (bardée de lard de pays), torsade de lapereau aux écrevisses, vitello tonnato (avec une boule de sorbet MAISON… idée fraîcheur), mousse au chocolat sur sa dacquoise… T’en connais beaucoup toi des chefs qui s’emmerdent à te faire de la pâtisserie MAISON piéton ?!

Et alors le top du top des graals du dessert combiné préféré de bibi : l’irish à la sauce ardennaise… un Ardennes Coffee avec, dans le rôle du whisky, une liqueur au café produite par la brasserie d’Achouffe.. si si ceux-là mêmes qui font la Chouffe.

Je vais quand même devoir donner un mauvais point : les oeufs disponibles au petit déjeuner sont les mêmes que la cuisine utilise et sont malheureusement de catégorie 3 donc issus de poules élevées en batteries. Renseignements pris, l’Afsca leur a interdit d’utiliser des oeufs des fermes environnantes car manque de traçabilité à leurs yeux ; donc vaut mieux de la merde traçable ça plaît à l’Afsca (comme les restos chinois… rhooo… si je l’ai dit !). Quel dommage avec tous ces beaux produits locaux de l’autre côté.

Ce qui ne nous empêchera pas de chaleureusement recommander cet écrin de gastronomie niché dans la verdure au sommet de la rue de la Jastrée 31 à 6940 Barvaux-sur-Ourthe en vous conseillant vivement de profiter d’une chambre à l’hôtel et de leur spa.

la terrasse

Ventre-Saint-Gris

Dans les bonnes adresses que l’on s’échange entre gourmands, il nous fallait encore explorer celle-ci et avec l’envie de tester le nouveau site Restolasminute nous avons même bénéficié de 25% de réduction hors menus et boissons.

J’ai eu beau habiter le quartier jamais je ne m’étais aventuré dans cet écrin de gastronomie qui cache une très agréable terrasse. Un décor d’antan par ci, des touches modernes par là font de ce lieu une presque vitrine où l’on a l’impression de pouvoir interchanger tous les éléments et construire une toute nouvelle histoire à chaque envie.

L’accueil est un des meilleurs jamais reçu dans la capitale, cela m’a immédiatement fait penser aux Petits Oignons et ce n’est pas là l’unique point commun !… en cuisine aussi on côtoie les nuages… pas étonnant qu’ils aient également reçu un BIB gourmand. Du menu du marché (29€) au menu Henri IV (50€) il n’y a qu’un service… qui fait cependant un belle différence même pour un estomac béant. Pourquoi Henri IV ?… tout simplement parce que le pey jurait tellement qu’il nous en a laissé quelques-uns dans la langue française comme « Jarnicoton » ou « Ventre Saint Gris » 😉

Une carte cossue et variée, quelques spécialités, des originalités comme leur Sunday Roast (des cocottes de poulet pour plusieurs personnes le dimanche… encore Henri IV ça), une cave pléthorique et relativement accessible… un bel endroit bien achalandé.

Quand tu goûtes le pain tu as immédiatement compris le niveau qui s’imposera tout au long du repas. A l’apéro le Philiponnat en champagne n’est pas mon préféré, à 11€ la coupe j’ai d’autres accointances… mais les vins qui suivirent, notamment le profond Gigondas Vieilles Vignes 11 (dommage plus de 10 :/ ), effacèrent bien élégamment l’écueil.

Niveau gastro oblige, petite mise en bouche tout en fraîcheur avant d’attaquer mon 4 services à 50€ : foie gras au naturel avec sa brioche MAISON, asperges de Malines, carré d’agneau (superbe cuisson) aux herbes et gratin dauphinois (manquait d’un peu de générosité) , dessert au choix => irish pardi !… et un des plus raffinés niveau présentation 😉 Madame ayant peu d’appétit ce soir là elle choisit des st jacques épinards et champagne avec des croquettes MAISON, belle tuerie, pour terminer juste après sur une tulipe MAISON de sorbets.

Nous étions venus tout autant pour tester le last minute que pour célébrer la naissance de Barbe Verte donc nous ne nous sommes pas trop limités dans la dépense mais, ventre-saint-gris, il serait tout aussi festif de manger pour moins de 40€ le couvert au n°10 rue Basse à 1180 Bruxelles !

Le Buffet Gourmand

Attention : cataclysme gastronomique avec pignon sur rue !… j’aurais probablement dû titrer pareille manchette pour coller à l’honnêteté gustative franchouillarde dont j’essaie à chaque rédaction de faire preuve et il serait d’utilité publique qu’ils en sous-titrent leur enseigne en lettre de feu.

Milliard qu’on a mal mangé !… On a tenté le coup pour le baptême de mes neveu et nièce car pour une grosse vingtaine de bons mangeurs dans le coin, il n’y a guère des masses de choix dans des budgets raisonnables… autant préciser que si tu veux vraiment des photos je te laisse jouer avec Google 😉

pareilles mémoires de déception culinaire remontent aux livraisons Sodexo à la colonie de vacances… et eux avaient le motif de clairement jouer la carte cantine ; quand on se proclame restaurant, un minimum de cuisine est exigée… la cuisine ici ne désigne que la pièce réservée au réchauffage des piètres denrées congelées qu’ils osent servir à une clientèle qui sait certes qu’elle débarque dans un « à volonté » mais ne s’attend absolument pas à pareille piteuse pitance.

un décor digne d’une salle de snooker réaménagée genre salle de mariage-restoroute-80’s, des tables qui font plus l’effet d’un réfectoire que d’un plan de salle, un personnel sympa… ah ben oui !… c’était dégueulasse mais on peut au moins leur laisser ça… de grands sourires et très aimables… (tu peux sourire quand tu sais de combien tu entubes les gens en leur demandant 30e pour manger comme à l’école…)

un buffet froid bien garni certes mais avec des pêches au thon made in conserve, du saumon fumé aux antibiotiques orange fluo, une espèce de cale-bide de différentes juxtapositions de « jambon » et « fromage » amalgamés, des terrines (pour chien ou chat… je ne sais toujours pas), des langoustines ratasèches, des moules si blanches que je ne m’y suis pas risqué, des huîtres invisibles (trop frais pour leur budget à mon sens)… bref à part le saumon en belle-vue (livré tel quel, pas préparé sur place), les scampis et les petits poissons fumés y a pas grand chose de correct pour un restaurant…

à côté du buffet froid il y a les viandes dont tu peux te servir, toujours à volonté (et il en faut pour infliger ça à ton palais), pour ensuite les faire cuire au feu de bois ; saucisses ok (quand même !), steak en semelles, viandes macérées savoureuses mais est-ce dû à la qualité de la viande ou au nombre d’épices ?

attends je ne t’ai pas parlé du buffet chaud… les enfants ont adoré ; mini-pizzas, faux fish pané en forme de poisson, poulycrocs GRIS (de la veille ?), calamars frits plats, un truc en couches qui doit s’appeler lasagnes dans certaines régions du globe, des fricapasbelles, des beignets de langoustines avec une patte qui dépasse pour s’en emparer mais rien dedans à part la carapace et une pâte à beignet qui s’apparente plus à une béchamel trop liée (idéal pour briser une vitre)… une hécatombe de textures, un cimetière de saveurs… le (fade) gratin dauphinois s’en sort limite et des petits ramequins en alu proposent un morceau de saumon et une « solette » roulée (traduction : poisson blanc pas cher genre pangasius, lieu jaune, perche du nil) dans une agréable sauce… le tout survit au bain-marie ce qui transforme inéluctablement les panures en schnot et les frites en viol de tubercules… même les patates en chemise étaient aussi sèches qu’une ménopause !

on mouille ça avec de la « cara » au fût, de la SANSgria, du château cubi cuvée Migraine et de l’eau pétillante Everyday du Colruyt en grande bouteille plastique… empreinte carbone bonjour, adieu vidanges… cependant, je ne sais trop si c’est à ranger dans le positif mais y a du vrai coca en grande bouteille en verre… très logique comme gestion tout ça…

si jamais t’as vraiment encore du courage, de la place, envie de suicider ce qui te reste de papilles gustatives… y a un super frigo à desserts (Lidl fait plus soigné), une macédoine de fruits en boîte et un congélo bahut avec une glace pistache plus verte qu’une pomme… mais ça c’est vraiment pour ceux qui n’ont pas encore compris…

quand tu penses qu’à volonté tu peux te taper un Pampas… tu te demandes vraiment comment peut-on aussi mal tomber qu’au 122 Chaussée de Charleroi à 6150 Anderlues

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Publico

Lorsque nous habitions à Sainte Catherine, c’était une de nos cantines où l’on avait l’habitude de se rendre quand nous n’avions pas d’idée particulière d’où aller tant l’ambiance générale de l’endroit confinait à la bonne habitude de s’y rendre plusieurs fois par mois…

C’est pas cher, c’est bon, c’est copieux… C’est tout ce que l’on demande à un petit restaurant d’habitués où certains touristes arrivent tout de même à se perdre… et pas toujours par hasard car la réputation de l’endroit commence à fréquemment franchir les frontières 😉

On attendait avec impatience un changement de carte car c’était là son moindre défaut ; le Publico n’avait pas changé de menu ni de suggestions depuis plus de 5 ans. Chose faite pour accompagner l’acquisition d’un tout nouveau four qui leur permet désormais de surfer sur la vague de la viande reposée qui bénéficie d’une cuisson VIP… Quelques desserts MAISON, un stoemp et un merveilleux jambonneau (qui a aussi droit au charbon de bois du nouveau four) s’invitent également à la fête…

On y mange des classiques belges, quelques plats de pâtes, de copieuses salades (la tagliata… mon coup de cœur : une énorme salade avec une petite entrecôte tranchée par dessus… frotte ta bouche tu baves) et un assortiment de tapas qu’on ne retrouve pas partout (dont les inoubliables bolinos de bacalhau… des beignets de morue) et qui nous a déjà rempli quelques belles tablées d’amis aussi difficiles que vegans… Tout le monde y trouve son compte… Le nom de l’établissement n’est absolument pas usurpé…

Le vin à ne pas louper c’est le Oude Kaap d’Afrique du Sud dont la bouteille avoisine les 20e… On reste très correct au niveaux des prix du reste des boissons également… Les irish sont servis avec chantilly mais, sur simple demande, on te le réalise avec une crème 3/4 dans les règles du lard 🙂

Le meilleur pour la fin : le service… On en a vu défilé des serveurs… Excellents pour la plupart (Costa, Phil…) mais la cerise sur le gâteau, le diamant de la grotte, la baraque de la frite… C’est François… Un grand bisontin aux épaules aussi larges que le sourire, un des meilleurs chefs de salle de ma connaissance, un gars avec qui j’aurais adoré bosser et qui au fil du temps est devenu un ami…

Pas besoin de le connaître personnellement pour bénéficier d’un traitement exceptionnel avec toute l’expérience et le cœur qu’il met à l’ouvrage… Tu comprendras aisément pourquoi nous étions si souvent fourrés au 32 rue des Chartreux à 1000 Bruxelles lorsque nous habitions au centre 😉

photo 2

Retour au Café des Spores

C’était pour l’anniversaire d’Emilie, nous avions envie de manger gastro mais de ne pas se sentir guindés, d’aller dans un endroit que l’on connaissait déjà et d’emmener une dizaine d’amis gourmets avec nous… et pour ce faire il n’y pas pas 36 adresses à Bruxelles… nous avons donc replongé avec délice au royaume des champignons…

accueillis royalement par Cédric qui nous avait confortablement installés dans la cave à vin, on ne pouvait pas rêver plus bel écrin pour profiter du tout nouveau menu concocté par Rhino et Vincent et leur commun esprit savoureusement dérangé… je ne vais pas t’en dresser la composition car il te suffira de le lire sur la photo ci-après…

ce que je peux en revanche te décrire ce sont les sensations uniques que provoquent chaque bouchée. Car même si on sait ce que l’on a choisi de manger… le menu ne cite que les ingrédients principaux mais ne tient pas compte de la totalité des surprises que recèlent les assiettes ni de la mise en bouche d’un pickles de folioles, mousse de carottes au cumin et sarrasins torréfiés qui donne un aperçu de la cuisine du chef… inventive et inattendue… le menu est là pour donner l’idée directrice… l’assiette la transforme en rêve… et doit-on encore réellement te parler du cheesecake aux cèpes ?!

un judicieux choix de vin, toujours sur les bons conseils de Cédric, ont ravi les palais blancs comme les rouges et ce sans taper dans les prix qui, au demeurant, sont élevés en ce qui concerne les boissons… cela reste le seul petit point noir de l’établissement qui propose le 4 services à 37e, filtre et gazéifie son eau et fait son propre pain sur place…

en sortant comblés et gâtés pour 50e le couvert, traités comme des princes, on se dit que ce n’est certainement pas la dernière fois que leurs champignons nous feront halluciner de plaisir…

l'étal du boucher

Colonel

J’ai enfin pu mettre un mot sur le régime alimentaire du changement que nous appliquons depuis maintenant 2 ans… le flexitarisme ! (google darling)… et dans cette logique de diminuer notamment notre consommation de viande… ben du coup quand on en mange on se permet de s’envoyer l’équivalent d’une Ferrari… tant qu’à monter dans les tours… autant prendre une caisse qui en jette 😉

et autant aller chez un spécialiste de la viande, temple nouvellement ouvert depuis quelques mois (à côté d’un parking… super pratique), dans le quartier du goulet Louise… le Colonel, nom tiré du célèbre dessert sorbet-vodka, qui se veut un concurrent belge à l’artisan irlandais installé depuis peu à Sainte Catherine…

un décor plaisant et très contemporain avec des plafonds que l’on pourrait encore garnir un chouia pour éviter l’effet « hall de gare » quand la salle est comble… ce qui risque d’arriver souvent tant les gens s’y pressent avec raison… tu penseras à réserver et de préférence vers les 19h car la viande, après avoir été choisie dans l’étal du restaurant sur les bons conseils de ton serveur (le patron en ce qui nous concerne), bénéficie d’un traitement royal… 20min de cuisson au four Josper pour un saignant que l’on laisse reposer 10 de plus afin d’obtenir un morceau de paradis 🙂

joli bar jouxtant la cuisine avec quelques gins (et des belges) en vedette… ça tombe bien !… un Copperhead-Fever Tree pour commencer le temps de se pencher sur la carte des vins où je repère instantanément une abordable valeur sûre… la maison Guigal et son Côtes du Rhône… maintenant si tu veux vraiment lacérer ton cuir il y a une Côte Rôtie à 77e

un os à moelle et un carpaccio (avec noisettes… original) plus tard… nos 700g de Rubia Gallega (Espagne) et nos 1,1kg de Black Angus (Irlande), forts de leurs 4 semaines de repos, arrivent avec leur « cocktail » de légumes juste sautés, des frites (vraiment pas fameuses par contre) et un jus de bonheur… point n’est besoin de sauce sur ce morceau prenant pose 😉

il est vrai que tu paies entre 7 et 10e les 100g (voire 12 pour le Wagyu) mais une qualité pareille n’a pour ainsi dire pas de prix et vaut les deniers justement dépensés… c’est comme se permettre moins souvent du chocolat mais se taper Marcolini pour l’occasion :D… sans compter qu’avec les « restes » (gras et os) on a encore fait un délicieux bouillon à la maison avec un goût unique (instant Ratatouille garanti)…

moment très agréable lorsque je dis au serveur que je ne vois pas de Jameson au bar et qu’il me répond : « C’est pour l’irish ?… on le fait au Bushmills »… et moi de répondre « 2 svp ! » dans l’immédiate foulée… il a même demandé à Emilie si elle désirait un peu de citron avec son Amaretto glace… on aime le professionnalisme… à tester également « le colonel et son armée » vu à une table voisine… 3 godets de vodka avec 3 verrines de sorbet (pomme-poire-citron)… ça vaudra certainement la peine de faire l’impasse sur l’irish la prochaine fois cette histoire 😉

à garder pour les occasions spéciales donc vu le budget et la quantité de viande mais certainement à ranger dans les meilleures tables carnivores de la capitale car il mérite son grade le Colonel, rue Jean Stas 24 à 1060 Bruxelles

st jacques sur lit de pleurotes

Duo et Saveurs

Encore une agréable découverte proposée par une des plus gourmettes de mes potes gourmandes… merci Leslie 🙂

à deux pas du Manneken Pis, derrière une coquette petite façade, s’allonge un chic restaurant alliant charme de la vieille pierre et déco contemporaine… trop moderne diront certains… personnellement j’adore l’énorme bocal en plein milieu de la salle dans lequel on voit évoluer la brigade dans toute la transparence de sa cuisine… propreté, qualité, pas moyen de tricher 😉

j’ai profité de l’énorme tablée de convives pour balader mes papilles d’un plat à l’autre donc tu auras plein de photos pour baver devant et choisir ta prochaine victime avec délectation… moi c’est sûr j’enterrerai une noix de veau Rossini à mon prochain passage 😉

un apéritif maison (vin pétillant et fraise des bois) qui n’a pas rencontré un franc succès mais un rattrapage dans les filets par un intéressant Rasteau tout en légèreté malgré sa légendaire corpulence…

il y en a eu des belles choses… oh la la… avec des noms comme cappuccino de crustacés, st jacques sur lit de pleurotes, duo océan, explosion de saumon, entrecôte écossaise au gros sel… de belles paroles… suivies de toutes aussi jolies (ex)actions 🙂

ok des st jacques on en pleure sur toutes les cartes depuis quelques années… mais avec ce goût de charbon de bois, d’âtre de cheminée… du jamais goûté pour ma part et une sauce si bonne qu’on en mangerait sur la tête d’un lépreux… quant au duo océan c’est une verrine de tartare de thon (très bien épicée) et une st jacques en dentelle (une deuxième ne m’aurait pas pesé sur l’estomac 😉 ), le cappuccino aux crustacés bien bisqué avec sa petite crème sur le côté ont également fait merveille, les carpaccios bovins n’ont pas démérité avec leurs copeaux de chèvre… passons aux plats…

en voyant arriver mon entrecôte écossaise et mes frites (bah oui… faites MAISON… fuck la patate en chemise) je l’ai trouvée bien mince par rapport à la cuisson bleue que je demandais… queneni mauvais esprit… cuisson parfaitement à mon goût, pas un nerf, du beurre de chair… avec sa sauce roquefort impeccable et une béarnaise voisine que je vous certifie MAISON également rien qu’au bruit du fouet ;-), des tartares joliment dressés, steaks de thon en juste cuisson, roulade de volaille aux champignons crème… bref un régal dans la lignée des entrées… petit bémol signalé au chef… de si bonnes frites MAISON méritent mieux qu’une mayo en pot…

pour le dessert là aussi les intitulés et les promesses sont plus qu’alléchants… et ici je me laisse volontiers tenter car je passe mon tour pour l’irish JB-chantilly… en tout cas je passerai mon tour la prochaine fois car le chef, comme il n’y avait que nous ce soir-là, m’a customisé un formidable cuban coffee avec du havana et une fleurette montée à l’extrait de vanille antillaise (et là tu baves je le sais) lorsqu’il a vu ma bobine à l’énoncé de la composition de leur café irlandais… merci chef j’en ai pris deux fois :D… une farandole de délices que ces desserts… je vous conseille vivement de laisser faire l’humeur du chef pour le trio de mignardises… tous les desserts sont faits MAISON…

pour résumer, à part l’irish (rattrapé) et la mayo en pot… cette soirée frôlait la perfection… les formules de menus permettent de superbement manger à prix raisonnables… et c’est sans compter sur un accueil plus que charmant :-)… prévois un grand cuir si tu veux vagabonder dans l’entièreté de la carte… mais ça vaut le détour par la place de la Vieille Halle aux Blés 31 à 1000 Bruxelles (fermé le lundi)

je profite de ce billet pour vous remercier tous, vous qui êtes de plus en plus nombreux à me lire (merci !) et vous souhaiter une gourmande année 2015 durant laquelle je vous enjoins toujours autant à aller au resto… mais dans les meilleurs <3